Mobilisation le 29 septembre pour la fonction publique

Une large intersyndicale à la fonction publique (seule FO n’en est pas) appelle désormais à la mobilisation générale le 29 septembre prochain. Pourquoi ?

Parce que David Amiel, ministre de la fonction publique, entre autres, est généreux en fausses promesses, en dates de réunions ou groupes de travail ou encore même en pseudo négociations mais, au final, rien de concret n’a été proposé aux agentes et agents, faute de moyens, excuse récurrente, mais surtout faute de réelle volonté politique selon les organisations syndicales.

Les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP ne peuvent que constater l’absence de réponse salariale immédiate du gouvernement à la crise que connaissent les six millions d’agentes et d’agents publics, engagés pour le service public.

Autre exemple, une négociation sur l’IA menée au pas de charge avec un pré-projet d’accord écrit unilatéralement par la DGAFP et bourrée d’intentions creuses mais dont il faudrait discuter en quelques semaines pour une signature urgente notamment pour l’image du ministre. Problème : l’introduction de l’IA est un sujet qui mérite une réflexion digne de ce nom afin d’en évaluer toutes les conséquences et impacts sur les agentes et agents, les missions, les conditions de travail, sans compter les aspects liés à l’IA du type écologie, hallucinations, discriminations… donc il faut du temps et c’est ce que ne concède pas le ministre.

Également, et toujours, le décret sur les congés pour raisons de santé. Un courrier intersyndical avait été adressé le 11 juin dernier au ministre qui y a répondu de manière très décomplexée, précisant que son projet « ne procède ni d’une logique de suspicion, ni d’une volonté de fragiliser les agents malades » alors même que ces derniers sont clairement pointés dans le texte. Du coup, fier de son œuvre, le ministre a décidé de passer en force invitant cependant les syndicats à continuer de « dénoncer ». Une conception du dialogue social digne à la fois d’un bras de fer suivi d’un réel bras… d’honneur !

Et, point d’orgue, David Amiel se dit préoccupé du niveau de rémunération des agentes et agents et propose donc le 6 juillet prochain un « rendez-vous salarial » dont la tenue pourrait donner de l’espoir tant le point d’indice est gelé, avec de plus les grilles qui se tassent (5 ans d’ancienneté sont par exemple nécessaires pour gagner 9 malheureux points d’indice au bas de la grille de C, 4 ans pour 4 points en début de B), la GIPA qui a disparu, et les 700 000 nouveaux agents et agentes qui en raison de la dernière revalorisation du SMIC se rapprochent de la pauvreté organisée… Mais, c’est sans compter sur le biais réformateur de David Amiel qui est plus que tenté d’appliquer les bonnes recettes libérales visant le statut, mettant le mérite et la rémunération de même acabit en avant et tout cela sans oublier les dernières propositions de revenir sur la prise en compte des 6 derniers mois de rémunération pour le calcul des pensions. Bref : la méfiance syndicale reste entière !

Dans ce contexte, une intersyndicale nationale large, dont Solidaires Fonction Publique, a donc d’ores et déjà annoncé ne pas être dupe en annonçant la mobilisation du 29 septembre prochain sur une base revendicative partagée :

  • des mesures salariales générales et notamment une revalorisation significative de la valeur du point d’indice ;
  • des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque catégorie, une véritable progression de carrière et la sortie des débuts de carrière du niveau du Smic de même que la revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
  • le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ;
  • le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent⋅es qui sont en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
  • l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ;
  • des garanties sur la mise en œuvre effective de la directive européenne sur la transparence salariale, accompagnée de moyens concrets pour des politiques d’égalité.

Face à un ministre qui promet mais jamais ne fait, toutes et tous mobilisées le 29 septembre !