Face à l’urgence climatique, les agent.es ne doivent pas payer le prix de l’inaction

Face à cette nouvelle vague de chaleur, une évidence s’impose : il ne s’agit plus d’événements exceptionnels mais des conséquences prévisibles du dérèglement climatique. Année après année, les records de température tombent. Depuis plus de 40 ans, les alertes des scientifiques, des militant.es et des lanceurs d’alerte se sont heurtées à l’inaction des gouvernements. Elle a aujourd’hui des conséquences directes sur les conditions de vie et de travail de tou.tes.

Pour Solidaires Bercy, les agent.es n’ont pas à supporter les conséquences de ces décennies d’aveuglement et de politiques budgétaires refusant les investissements nécessaires dans l’adaptation et la lutte contre le dérèglement climatique. A Bercy comme ailleurs, des bâtiments vieillissants, mal isolés, des bureaux parfois mal adaptés aux fortes chaleurs et des organisations du travail figées ne peuvent pas répondre aux nouvelles réalités climatiques.

Mais la protection de la santé des agent.es ne s’arrête pas à la porte du ministère. Elle doit prendre en compte la réalité de leurs conditions de vie et de déplacement, particulièrement en Île-de-France où les transports collectifs sont devenus, pour beaucoup, une source supplémentaire de pénibilité. Pour de nombreux collègues, une journée de canicule commence bien avant l’arrivée au bureau : rames bondées transformées en sauna, quais surchauffés, retards à répétition.

Cette réalité quotidienne, appelée à se reproduire, doit être prise en compte et pleinement intégrée dans l’organisation du travail lors des épisodes climatiques extrêmes. Solidaires Bercy continuera de s’engager dans l’organisation d’un débat sur les temps de trajets et les temps de travail, sur les congés climatiques… tant au sein de Solidaires (ministériel, fonction publique, interpro) que dans la société.

L’administration a une obligation de résultat en matière de santé et de sécurité au travail. Elle ne peut se contenter de diffuser quelques consignes générales lorsque les températures deviennent dangereuses. Elle doit anticiper et agir pour protéger notre santé au travail.

Pour les épisodes de canicule, Solidaires Bercy revendique la mise en œuvre immédiate de mesures de protection nécessaires :

  • activation systématique et homogène du télétravail exceptionnel, comme le prévoit l’accord ministériel sur le télétravail ;
  • aménagement des horaires afin d’éviter l’exposition aux périodes les plus chaudes (avec possibilité de badger très tôt) ;
  • suspension des activités incompatibles avec la protection de la santé des personnels ;
  • mise à disposition d’eau fraîche, d’espaces rafraîchis et d’équipements adaptés ;
  • fermeture des locaux lorsque les conditions de travail deviennent dangereuses ;
  • consultation systématique de la formation spécialisée en santé au travail sur les mesures mises en œuvre ;
  • intégration des risques climatiques dans tous les documents d’évaluation des risques professionnels.

Solidaires Bercy continuera à porter ces revendications pour les agent.es. Iels ne doivent pas être les variables d’ajustement du déni qui prévaut depuis des années. À l’heure où l’administration leur en demande toujours plus, il est temps qu’elle prenne enfin la mesure des contraintes qu’iels subissent au quotidien, entre perte de pouvoir d’achat, allongement des temps de transport, dégradation des conditions de travail et multiplication des épisodes climatiques extrêmes.

Mais l’urgence ne doit pas masquer l’essentiel : la lutte contre le dérèglement climatique et l’adaptation au changement ne peuvent plus être ajournées. Il faut sortir de l’inaction climatique et investir massivement dans la rénovation thermique des bâtiments et des logements, adapter et moderniser les transports collectifs, sortir des énergies fossiles et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour aller plus loin, voir aussi le communiqué de l’Alliance Écologique et Sociale dont fait partie Solidaires.