Le CSA de centrale a eu lieu les 26 et 27 mars 2026. Après une intervention de Solidaires Bercy sur l’état de la fonction publique, les réorganisations de SRH2, du SIRCOM et de la DAE ont fait l’objet de débats…
Propos liminaire de Solidaires Bercy
On fête cette année les 80 ans de la Fonction Publique. On devrait donc réellement « fêter » cette vieille dame, être attentif à ces besoins, à son état de santé. On devrait reconnaître ses valeurs et son utilité. On devrait aussi la féliciter pour ses actions aux côtés des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, des personnes les plus vulnérables, pour ses actions de protection des consommateurs et de soutien à l’économie comme pour chacun.e d’entre nous. Las. C’est tout le contraire. Dans la période pré-élection présidentielle, chaque candidat.e va y aller de son projet de réforme, de sa volonté de diminuer les dépenses, de privatiser ou de supprimer nos missions, de changer tout pour tout changer… Sans compter le « fonctionnaire bashing » qui a toujours le vent en poupe…
Le moral des agent.es s’en ressent. On voit à quel point ils.elles ont le moral en berne dans les résultats de l’Observatoire social. On voit que les agent.es se sentent coincé.es dans leur carrière, sans possibilité de promotions, sans revalorisation des salaires… On voit aussi augmenter les tensions dans les services en formation spécialisée (dans les DUERP-PAP) et dans les récits des agent.es qui viennent nous voir. Ces tensions, ces difficultés sont aussi le résultat des incessantes réorganisations et déménagements (voir ci-dessous : SRH2, SIRCOM et DAE). Nous ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : certaines réorganisations sont nécessaires et parfois même elles sont bien menées. Mais leur répétition donne un peu aux agent.es le sentiment d’être des hamsters dans une roue, pris.es dans un mouvement perpétuel.
Autre sujet qui mériterait qu’on y prête un peu plus attention : l’introduction des IA dans le quotidien des agent.es. Certain.es d’entre nous sont suffisamment ancien.nes pour se souvenir des dégâts provoqués par l’arrivée du numérique dans nos vies professionnelles : censé tout résoudre, faire gagner du temps et limiter les tâches répétitives, cette solution miracle a laissé beaucoup de gens de côté, par manque de formations entre autres… Il est urgent de mettre à plat les différentes utilisations et applications des IA.
1/ Réorganisation de SRH2
La réorganisation à venir de SRH2 a fait l’objet de trois réunions avant le CSA. Pour être honnêtes, ça n’était jamais arrivé ! On ne peut donc pas dire que SRH ait lésiné sur la préparation et l’information en amont des organisations syndicales. Idem, et c’est quand même le plus important, les agent.es ont également été pas mal sollicité.es : enquêtes, entretiens, ateliers et co-construction. Ce travail a permis l’identification d’un certain nombre de dysfonctionnements (répartition de la charge de travail, manque de clarté, disparités de pilotage, manque de visibilité…) qui ont aussi des conséquences sur les agent.es usager.es de ces services. Solidaires Bercy salue aussi la volonté de mettre fin au flou organisationnel et de simplifier les processus.
Mais il y a des points de vigilance ! Il y a quand même 69 agent.es assez fortement impacté.es par cette réorganisation qui connaîtront des changements de métiers, qui auront besoin d’accompagnement, éventuellement de formations et du temps nécessaire à l’appropriation de leurs nouvelles fonctions… L’administration s’est voulue rassurante : tous.tes les agent.es concernée.es ont été reçu.es et se sont vu.es proposer un poste.
L’autre crainte, bien évidemment, naît de cette petite phrase magique que l’on voit dans quasiment toutes les réorganisations : « à effectif constant »… Quid des départs à la retraite, des mobilités ? Et quid également de la charge de travail dont on a vu dans les questionnaires envoyés aux agent.es à quel point elle est lourde à SRH ?
Dernière question, qui n’a a priori rien à voir avec la réorganisation (mais quand même) : SRH2, comme tous les services installés à l’Atrium, va connaître un déménagement à la fin de l’année. Ce déménagement doit permettre la concrétisation de la réorganisation et c’est bien que les agent.es ne déménagent pas deux fois !, mais, comme tout déménagement, il y aura donc du stress et des inquiétudes supplémentaires.
Solidaires Bercy a demandé à ce qu’un bilan d’étape soit présenté en début d’année aux instances, de façon à vérifier que les choses se passent bien. Dans le même ordre d’idée, Solidaires Bercy a demandé une visite des nouveaux locaux, du Carré Rive Gauche, en novembre pour s’assurer que les conditions d’installation de tous les services concernés dans ces locaux ne posent pas de problème.
2/ Réorganisation du SIRCOM
Après la jolie présentation faite par la nouvelle directrice du Sircom, Solidaires Bercy est intervenu sur un certain nombre de points. Le problème n’est pas en soi la réorganisation, qui, telle qu’elle a été présentée aux organisations syndicales, ne modifie pas grand-chose : le bureau presse, veille et analyse, photographes est désormais replacé dans l’organigramme au même niveau que les autres bureaux. Le problème qui se pose c’est à la fois le déménagement des services, qui répond là aussi à une bonne idée : réunir tous les services sur un même niveau. En réalité il y a deux problèmes. Le premier est que ce déménagement s’accompagne d’une diminution du nombre de mètres carrés disponibles, entrainant de fait une augmentation du nombre d’occupant.es par bureau. Sans que soit pris en compte les conditions minimales à respecter en matière de sécurité et d’ergonomie.
Par ailleurs, les agent.es craignent, malgré ces annonces minimalistes, que le déménagement soit également l’occasion de changements de procédures et donc de changement de missions, sans qu’il y ait vraiment d’associations des agent.es concerné.es. A bas bruit donc. Les ateliers et le séminaire contribuent à conforter les agent.es dans le fait que la VRAIE réorganisation n’a pas encore eu lieu…
Solidaires Bercy a également relevé que l’annonce des effectifs constants était sujette à caution : au vu du nombre de départs à la retraite, est-ce que les 10 recrutements contribueront à un solde négatif, neutre ou positif ?
A ces questions, l’administration répond qu’une partie des réponses qu’elle peut apporter dépend des orientations que le premier ministre n’a pas encore totalement déterminées et des discussions ministérielles en cours…
Raison supplémentaire pour Solidaires Bercy pour que la situation du Sircom et de ses agent.es soit revue par les représentant.es du personnel tout du long du processus !
3/ Réorganisation de la DAE
Après de nombreuses « péripéties » (fiches de signalement, enquête administrative, procédure d’alerte diligentée par la formation spécialisée), la réorganisation de la DAE était à l’ordre du jour après un passage pas vraiment satisfaisant (seules 2 OS ont voté favorablement le DUERP proposé) en FS en février dernier. Le plan qui nous a été présenté est très clairement en-dessous des attentes des agent.es !
A la suite de la procédure d’alerte de mars 2025 (relayée par tous les syndicats, à l’exception de la CFDT), les agent.es avaient été invité.es à participer à des ateliers pour remettre à plat les problématiques rencontrées qui méritaient d’être revues, 32 actions ont ainsi été listées, comme par exemple, charges de travail, transversalité des représentant.es ministériels, valorisations du travail des acheteurs…
Patatras… Le directeur a choisi seulement 6 de ces propositions et a décidé de faire travailler, au pas de charge, les agent.es sur ces sujets… Alors que, en la matière et au vu des précédents, il était surtout urgent de laisser du temps au temps et de favoriser les échanges collectifs !
Par ailleurs, dans la réorganisation présenté (qualifiée de « cosmétique » par le directeur !) deux points ont attiré notre attention. Il y a la crainte de la poursuite du gonflement en ETP sur les missions supports … et toujours rien à l’horizon du côté des acheteurs. Les multiples départs d’acheteurs ne sont pas remplacés pour cause de plafond d’emplois et les postes sont absorbés vers d’autres missions support. Et le déplacement du bureau RH dans un département en lieu et place de son rattachement précédent au niveau de la direction. Dit comme ça, ça peut paraître anecdotique mais cela signifie que les RH ne seront désormais plus partie prenante au CoDir, même si le directeur a précisé que les RH seraient « invitées ». Or, vu les épisodes précédents, il est crucial que les RH soient associés au travail de réflexion sur la réorganisation de la direction !
Bref, une réorganisation pas aboutie et ne répondant pas directement aux problématiques des agent.es !
